Hello, again, world !

Où votre servitrice s’en prend à l’air du temps et à ses moulins, au content marketing, au design jetable et à son propre instinct moutonnier.

Un nième thème wordpress, tordu en tous sens (enfin, bidouillé à coups de copier/coller), une n+1ème identité visuelle, cousue main (minimaliste, donc). Et voilà ! Un nouveau nouveau site personnel. Ma vie, mon œuvre… « content marketing » free. Parce que franchement ras le casque des ficelles grossières des aspirants gourous. Marre des « 5 secrets pour tout arracher sur twitter », des « 10 outils qui vont révolutionner votre process créatif », des « Comment devenir riche, beau et drôle en 15 jours »

Le contenu est roi, l’histoire est reine nous serine-t-on… Pourquoi, mais alors pourquoi, tout finit-il par se ressembler et se fondre dans un infâme gloubi boulga (pour les plus jeunes : la recette du gloubi boulga) de « feel good » / « score high » bullshit (prononcez contenu), avec la « cover » qui va bien (les grosses grandes images qui vous accueillent sur 90% des sites de moins de 2 ans, dont celui-ci d’ailleurs. Pan !) et des caractères tellement gros qu’il faut reculer de quelques mètres pour entrevoir leur lénifiant message (et repan !). En substance, toujours le même, d’ailleurs : on est les meilleurs, on est les plus beaux, en plus on est sympa, clique, clique, achète, ami !
Bien sûr le content marketing, nous enseigne que la réclame éhontée, c’est le mal (le storytelling, c’est têêêllement mieux). Qu’il faut apporter de la valeur, baby. Lui mettre le bénéfice client dans la face à l’internaute. L’amener en douceur au bout du tunnel de conversion. Penser à lui, penser pour lui. Lui donner des vrais conseils qui marchent à tous les coups, le faire rigoler… le divertir pour mieux ouvrir son chakra de l’achat compulsif. Le plus désolant, au fond, c’est que ça marche. Je vous épargne les nombreux exemples, il y en a autant sur Twitter que de puces sur le cul d’un chien. Ça marche, d’accord, oui, mais pour combien de temps encore ?

Combien de temps avant que même Google ne parvienne plus à digérer son gloubi boulga ? Quand tous les bloggers, éditeurs, producteurs de contenu du monde se seront convertis à la nouvelle religion (ils ne se tiendront pas par la main pour autant), comment diable séparera-t-il le bon grain de l’ivraie l’Algorithme ? Plus préoccupant peut-être, quand tout finira par ressembler au discours, formaté à mort, à peine pimpé 2.0, du VRP d’antan dans son uniforme flat ou material, qui aura encore besoin de concepteurs, de rédacteurs, de web designers. Des machines pourraient aussi bien faire le job (elles le font déjà ici et là). À moindre coût en plus. L’apocaplypse digitale je vous dis ! C’est en substance le travers que pointe Travis Gertz dans Design Machines, un long article, au design soigné et taillé sur mesure, sur le conformisme navrant des (UX / UI) designers. Une lecture stimulante. Et un double pan sur le bec. Ça m’apprendra à abuser des « trending » thèmes WordPress, des « sources d’inspiration » et autres « UI kits » prêts à l’emploi ou des recettes de design et de copywriting tout droit sorties de Mad Men.

Est-ce que je vais quelque part avec cette diatribe de vieux con ? Parce qu’après tout que les outils et méthodes du designer se démocratisent (et au passage se banalisent), c’est plutôt une bonne nouvelle pour la libre expression, non ? Quel est mon « catch », mon « call to action » ? Hmmm… Je crois que ce que j’essaye de dire, c’est que je vous fais la promesse – si d’aventure vous traînez dans le coin – de lutter contre mon instinct moutonnier pour laisser ma grosse belle personnalité s’exprimer. Je serais de mauvaise foi, parfois, d’humeur caustique à franchement mauvaise, souvent, à moins que je ne sois dans un jour bisounours. Je ne ferais pas de liste des 10 secrets / règles / trucs de pros pour faire le buzz ou des 10 trucs insolites ! / trop drôles ! / étonnants ! J’ai la faiblesse de croire que du coup ce que vous lirez ici, vous ne l’aurez pas déjà lu ailleurs sous une forme à peine différente (ou dans une autre langue).

Que la force soit avec moi… et avec tous ceux qui tournent dans la nuit profonde des interwebs et sont dévorés par les feux de la rampe (et celui qui saisit au vol la référence intello précaire – l’autre hein, pas la tellement éculée que ça fait du chagrin – gagne… la reconnaissance d’au moins un de ces pairs).

En attendant de nouvelles fournées de billets, je me suis plongée dans mes archives. Le grand ménage a épargné quelques articles de 2011 et 2012, repris au rayon Archives.

À la revoyure, bébé !

PS : ah, oui, règle n°57 du blogueur / auteur aspirant à la gloire, tout bon billet s’achève sur une adresse au lecteur, une invite à lâcher les coms. Alors, si vraiment vous y tenez, c’est à vous… mais soyez avertis : je ne garantis pas la lecture et encore moins la réponse. D’ailleurs  qu’y a t il à répondre à cette imparable démonstration de… Exactement !

1 Réaction

  1. Mr WordPress Répondre

    Cher utilisateur 134678443,

    Je trouve ce tableau que vous brossez parfaitement injuste et pour tout dire un peu réactionnaire. Qu’est-ce que j’y peux moi si tous les thèmes dont on m’affuble se ressemblent ? La rançon du succès, j’imagine.
    Maintenant, si vous cherchez un extenseur de pénis à bon prix, des petites pillules bleues sans ordonnance, un sac Vuitton authentique au prix du faux… Rendez-vous sur http://paricipetit.com/prix-canons
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